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J’écris à grand galop sur la plage du temps.

J’aime les verbes.
J’aime ce qu’ils dessinent : le temps qui passe et les milliers d’actions microscopiques que nous faisons pour rester vivants. Je conjugue à l’infini tous ceux qui me tombent sous la main: je t’aime, j’y étais, tu auras, ils partirent, elle arriva. Chacun d’eux est une promesse.

Le présent est pour moi le plus insaisissable. Et le temps d’écrire cette phrase, le présent est déjà passé. Le verbe se conjugue alors autrement, au passé composé parfois, à l’imparfait souvent, au plus que parfait jamais.

L’infinitif est le plus vaste : quoi de plus grand que galoper ? rêver ? vivre ? éternelle invitation, voyage à l’infini, questions sans réponse. Et tout ce qui est sans limite, comme les trois petits points de suspension qui se glissent si souvent dans les messages, me fait peur.

Pour moi écrire,

Les Indes Galantes – Chapitre 2 : Premiers pas sur la lune…

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Je le repère tout de suite dans la foule massée derrière les barrières de l’aéroport. Son grand corps déployé maintient son béret de l’armée indienne au-dessus des têtes brunes. Pas de doute, il est là. Pour moi. Caché derrière sa caméra, je le vois avant lui. Il ne s’attendait pas à une sortie si rapide. Signe du destin, mon minuscule sac à dos était le premier à tourner sur le tapis roulant. L’Inde est à mon diapason. Elle s’impatiente. Hadrien a le réflexe d’appuyer sur le bouton. J’ai l’impression de marcher sur la lune.

Nous nous étions rencontrés à Paris, lui étudiant en pas grand chose et moi revenue de tout le reste. Il voulait partir, sillonner le monde, se glisser dans un cargo et découvrir de nouveaux continents depuis des quais brumeux. Je l’écoutais en me demandant comment j’allais survivre à son départ. La sensibilité d’Hadrien me touchait,

Les Indes Galantes… Chapitre 1- Vol au dessus des nuages.

Mon amour,

19 mars, 12h30
Le voyage que j’entreprends aujourd’hui a commencé à entrer dans la réalité le 14 février dernier, le soir où tu as décidé de souffler sur les braises qui couvaient sous la cendre. De mes larmes de joie j’ai accueilli une fois de plus ce cadeau inestimable que tu me fais depuis plus de 7 ans : le cadeau de ma liberté.
Notre union est une terre d’aventure que j’arpente avec bonheur en tous sens, découvrant un peu plus chaque jour la plasticité de ses limites. Limites que j’apprends à repousser quand tout au contraire tu t’en fais un manteau confortable et douillet sous lequel ta sensibilité de celte peut enfin s’exprimer.
Je pars emplie de cette légèreté qui me fit si souvent défaut dans mon parcours de vie. Chaque petite épine, chaque petit caillou je les ai déposés sous ton regard bienveillant au bord du chemin qui mène à la simple joie d’être,

Et je voudrais, si tu le permets, déjeuner en paix…

J’ai tourné hier un bouton et dans mon salon, au milieu des mots et de la musique qui y flottaient encore, j’ai reçu les Nouvelles qu’une tour de contrôle invisible avait choisi pour nous, les millions d’anonymes, en ce tout début d’année neuve, de diffuser : des monnaies de singe, des bombes, des femmes perdues, des fous aux manettes et des océans de ciels pleins de vide, Un monde entrait chez moi sans la moindre nuance de rose ou de vert.

« Hors de chez moi! ai-je crié, hors de chez moi onde malfaisante et noire. Je ne chercherai pas à te convaincre que le monde est ceci ou cela, il est, tout simplement depuis la nuit des temps, de toutes les couleurs. Je ne chercherai pas à te faire changer, j’y ai déjà usé plusieurs vies.
Debout sur des barricades, j’ai porté des étendards et des convictions à pleins poumons.

Christiane Singer aimait à dire : Tu as le choix entre la vie et la mort. Choisis la vie et tu vivras !

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de Christiane Singer, qui au-delà d’être une grande écrivaine, fut une femme d’une grande Présence.

Christiane Singer est une âme qui nous veut du bien.
De sa voix aimante et persuasive, elle nous apporte inlassablement au creux de l’oreille, au coin de l’œil, ce à côté de quoi il serait terrible de passer: le sacré de la vie.
Quand Christiane emploie le mot Présence, on sait qu’elle est là, absolument là. C’est une femme qui bien qu’ayant déjà rejoint l’autre monde, nous émerveille chaque jour, que ce soit à travers ses interviews ou ses livres.

Elle nait durant la seconde guerre mondiale à Marseille. Mes parents y couraient alors en socquettes et culottes courtes et je n’y serai programmée à mon tour que vingt ans plus tard. Elève au lycée Montgrand, elle s’assoit sur le siège encore chaud que ma mère,

Que ma voix demeure est arrivé ce matin. Je vous le confie.

« Je dois écrire pour me taire à jamais. Il est temps pour moi de déposer, comme des armes à vos pieds, les mots sur le papier. Je vous les laisse, ils sont à vous…»
Ainsi commence Que ma voix demeure, le troisième et dernier volet de ma trilogie. Je vous le confie.

Je l’avoue, j’ouvre encore une fois la poésie. Elle semble parfois n’avoir aucune limite et je ne cherche pas à résister. Elle poursuit constamment son chemin en moi. Plus loin, plus profond, plus haut. Elle m’emmène avec elle, gracieuse, en quête de cet inconnu pour lequel, tous je crois, nous vibrons.

Que ma voix demeure est ma réponse au silence, au deuil et à l’oubli.
Que ma voix demeure est un chant d’amour, une déclaration d’existence, un hymne à la vie.
Que ma voix demeure déroule au vif de ma plume la route qui mène d’une enfance catholique à une maternité juive,