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Le chant d’aujourd’hui

Le chant est ce qui rassemble.
Les hommes, les âmes meurtries, les corps fragmentés, les visages flous.
Le chant comme le vent pénètre dans les failles, dans les blessures et va toucher, de son étrange vibration, une part de nous-même inconnue. Parfois, sur une simple note, alchimie subtile d’ondes nées pour ce moment-là, une porte s’ouvre et laisse passer un vieux chagrin oublié. Une vérité absolue, au confluent du « J’ai peur » et du « J’ai besoin », émerge alors et nous bouleverse. On a toujours le choix : partir en claquant la porte ou trouver le courage d’aller explorer cette fissure entre les mondes.
Quand on croit s’être défait de tout, il en reste encore et encore ; les illusions sont tenaces, les habitudes ont les doigts crochus, l’orgueil feule dans les sous-bois prêt à bondir sur notre volonté vacillante. Pourtant, cette image fugace, simple silhouette entre-aperçue, va imprégner notre rétine à jamais. Elle va désormais nous accompagner et pourra se muer en regret ou en possible tout le long de notre route. Comme un tampon imbibé d’encre bleue, c’est elle qui m’a un jour porté jusqu’à l’écriture.
Parce que j’ai vu la rivière sous la rivière, j’ai eu envie de plonger. Et j’ai failli me noyer. Me noyer sous les nuages et les bleus de la vie, dans cet étrange ravissement que procurent soudain l’attention à Soi et la ronde des hommes qui chantent, main dans la main, autour du feu. Or tel n’est pas le but. Le but est de revenir. Revenir lavé et riche d’enseignement. Revenir avec sur la peau le parfum du sacré.
Aujourd’hui j’écris simplement pour partager à ma façon cette bonne nouvelle : en chacune de nous se tient une femme qui sait et c’est en cheminant vers elle qu’on entre à l’endroit où s’opèrent les miracles, les inspirations, les guérisons.

Pour moi la lumière et la beauté sont ici-bas, partout. Dans cette aube que j’ai vu jouer avec les fleurs graciles de l’abricotier depuis ma table d’écriture. Dans cette côte qui me tire un cri de douleur au moindre mouvement depuis qu’un homme a voulu me montrer la force de son amour.  Dans cette lune qui monte embrasser le soleil avant qu’il ne se couche. Dans le chant de l’oiseau et du feu de cheminée qui accompagne mes silences. Dans ce jour non pas sans cesse renouvelé mais toujours nouveau et unique.

J’ai pensé à toi aujourd’hui
Et aussi hier
Et le jour d’avant
Mais je n’ai pas encore pensé à toi demain
Car demain est bien loin
Demain n’existe pas sans toi
Aujourd’hui.

Avec toute ma flamme,

Ce texte m’a été inspiré par la lecture du livre « Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estés.

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