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J’écris à grand galop sur la plage du temps.

J’aime les verbes.
J’aime ce qu’ils dessinent : le temps qui passe et les milliers d’actions microscopiques que nous faisons pour rester vivants. Je conjugue à l’infini tous ceux qui me tombent sous la main: je t’aime, j’y étais, tu auras, ils partirent, elle arriva. Chacun d’eux est une promesse.

Le présent est pour moi le plus insaisissable. Et le temps d’écrire cette phrase, le présent est déjà passé. Le verbe se conjugue alors autrement, au passé composé parfois, à l’imparfait souvent, au plus que parfait jamais.

L’infinitif est le plus vaste : quoi de plus grand que galoper ? rêver ? vivre ? éternelle invitation, voyage à l’infini, questions sans réponse. Et tout ce qui est sans limite, comme les trois petits points de suspension qui se glissent si souvent dans les messages, me fait peur.

Pour moi écrire, c’est conjuguer le présent à l’infinitif.
C’est saisir l’insaisissable et l’installer dans l’éternité.
C’est entendre, le temps d’une prière, le galop d’un grain de sable dans le sablier du temps :
La petite fille tient la main de sa mère, le métro est bondé, tout le monde est pressé. Ses petites jambes tricotent et dans le brouhaha du tube en métal, j’entends sa voix cristalline : Maman, je voudrais que tu m’achètes des chaussures qui marchent comme les « chevals »! Tu m’écoutes Maman ?

Avec toute ma présence,

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