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La chasse est ouverte : vive les sorcières!!

En ce mois de spectres et de citrouilles, une amie m’a invité à assister à un spectacle de la Compagnie « Sale Gamine » intitulé « La chasse est ouverte ». Comprenez la chasse aux sorcières. Et même la chasse à une sorcière, celle qui est devant nous, nous transformés en tribunal populaire pour l’occasion.
Une jeune femme, seule en scène, a fait résonner les murs de la maison de son talent. La fête fut belle et joyeuse autour de cette grande actrice qui incarnait à elle seule 5 personnages. Elle a transmis son énergie, sa fougue, ses questions à notre assemblée de quinquas : le sexe ça vous fait quoi ? Rien. Et vous ? Je ne me souviens plus. Et Lisa reprenait sur son accordéon son petit refrain : Fais moi mal Johnny-Johnny-Johnny, bienveillante, amusée. Et pour donner un nouvel élan, elle a ouvert grand la porte et a crié « J’aime le sexe. »

Femmes, réveillez-vous, le monde a plus que jamais besoin de vous!

Dans nos mémoires, certaines dates sont marquées au fer rouge. Inutile de préciser l’année. Le 6 juin? Ce fut le débarquement des alliés. Et la libération de l’Europe put enfin commencer. Elle n’est toujours pas terminée. Nous portons en chacun de nous les stigmates de cette folie de conquête à tout prix.
En ce jour de trompettes dressées, nous fêtons les 100 ans de l’armistice du premier conflit mondial qui portait en son sein les germes du suivant. Comment se réjouir de paix qui entrainent la guerre ? Parce que ce siècle d’hommes et de feu a tant produit de femmes seules qu’elles ont fini par se réveiller.

Derrière tous ces militaires, devant toutes ces tombes, face à ce terrible gâchis, elle ont milité : oui à… non à… elles ont levé le poing, porté des pantalons, glissé des bulletins dans des urnes, fait des chèques tout en continuant à élever des enfants et faire des lessives.

Momig pour la première fois au théâtre!!

« Tu écris et ta vie devient autre chose… J’ai besoin de temps, j’ai besoin de calme, j’ai besoin d’avancer pas à pas, et ainsi j’y parviens. Où? Peu importe, le pas est en lui-même l’ensemble du voyage. Tout peut s’arrêter à tout moment sans que je me sente dépossédée ou frustrée. Je serai simplement arrivée à bon port. »

Le 7 février 2014, alors que j’attendais la livraison de mon livre « Momig, la petite bougie », j’écrivais ces phrases dans mon journal. Comme une prédiction, un pressentiment, une prière.

Sans le savoir encore, j’étais entrée de plain-pied dans une période de lente progression où le mouvement ne pouvait s’installer qu’à petits pas. Impossible de brûler les étapes. Il me fallait tout reconstruire avec une précision et une attention qui imposait profondeur et lenteur. Emerveillée, je prenais chaque étape pour un succès,

Auprès de mon arbre, je vivais heureux.

Dernier jour de ce mois de septembre que j’aime tant. La lumière est magnifique en ce début d’automne, elle joue tout autant entre les feuilles encore vertes qu’avec celles déjà parées des feux du couchant.
Depuis un mois, j’explore plusieurs fois par jour la magnifique forêt qui borde ma maison. Je n’y étais plus allée depuis la terrible morsure du chien fou au maître ivre mort. 10 ans déjà. Années de terreur, de panique, au moindre aboiement, à l’idée même d’une possible rencontre.

C’est Perle qui m’a ramené vers les arbres sauvages. Cette petite boule d’amour, haute comme trois châtaignes, me redonne confiance. Elle sait comment s’y prendre avec ses congénères. C’est vers elle qu’ils vont désormais, petit bonjour du museau, jeux à perdre haleine si le compagnon s’avère jeune et joyeux, petit coup de dent si les choses tournent mal. La plupart passent simplement leur chemin,

Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer la rentrée ?

Le retour est toujours une étape délicate, rentrer, revoir, retrouver, et en même temps insuffler du neuf dans tout ce dont on a encore besoin.
On traverse quelques jours de grâce, où l’énergie décuplée apportée dans nos bagages nous fait ranger, nettoyer, trier en quelques heures nos semaines d’absence lointaine. Et puis le soufflet retombe et un creux au bas du ventre se fait sentir : que faire pour en sortir ? Se centrer, s’apaiser, ressentir cette étrange étape annuelle, ce passage, comme une nouvelle chance de se mieux comprendre. Oui mais comment ?
Ce matin, j’ai donné quelques miettes à mon esprit pour le canaliser et l’empêcher de battre la campagne à la recherche d’une nouvelle agitation plus belle que la précédente. Assise sur une chaise j’ai regardé des insectes voler autour d’un buisson fleuri. Après quelques secondes à peine j’ai découvert que je ne regardais plus ni le buisson ni ses petits habitants ailés.

La lune rouge nous montre le chemin, à nous d’y danser avec joie.

Cette nuit, le regard tourné vers le ciel de mes montagnes, j’ai vu la lune disparaître.
Une main gantée de noir l’a frôlée et l’a peu à peu dérobée à nos yeux.
Notre grosse dame, pleine de joie et de lumière, s’est éclipsée pour se draper de rouge de la tête aux pieds. Elle voulait mettre sa plus belle robe pour ces si rares soirées où Mars flamboyant lui donne rendez-vous.
Le bal aura duré une centaine de minutes, le plus long du XXIème siècle d’après nos savants. Étranges lois que celles de la gravitation et de l’inertie, qui permettent à quelques érudits de calculer qu’à une date où plus aucun de nos descendants ne se souviendra de plus aucun d’entre nous, le spectacle reprendra.

J’imagine les millions d’hommes répartis sur notre terre, montés sur des collines, des toits et des balcons,

Je n’ai plus à y penser, juste à le faire!

Ce matin, à 6h36, ma fille a eu 25 ans.
Je me souviens de chaque seconde de ce passage : ce jeune médecin paniqué, le cri de l’infirmière « On la perd », le masque à oxygène plaqué sur mon visage et moi, qui en même temps comprends qu’on parle de moi et n’y prête aucune attention.

Étrange destin que celui des femmes qui meurent en donnant la vie. Comme une porte violemment claquée au nez du bonheur. Continue sans moi, enfant sacré, je t’ai déjà tout donné ou bien m’as-tu tout pris, peu importe…
Et puis le ballet blanc s’agite et te ramène. Finies la suspension, l’insouciance, la légèreté. Te voici à nouveau dans la course, celle qui t’amène jour après jour à nourrir, consoler, rire, pleurer. Celle qui te propose parfois des chemins de traverse insolites après toutes ces naissances que tu as offertes au monde : ta propre renaissance,

J’écris à grand galop sur la plage du temps.

J’aime les verbes.
J’aime ce qu’ils dessinent : le temps qui passe et les milliers d’actions microscopiques que nous faisons pour rester vivants. Je conjugue à l’infini tous ceux qui me tombent sous la main: je t’aime, j’y étais, tu auras, ils partirent, elle arriva. Chacun d’eux est une promesse.

Le présent est pour moi le plus insaisissable. Et le temps d’écrire cette phrase, le présent est déjà passé. Le verbe se conjugue alors autrement, au passé composé parfois, à l’imparfait souvent, au plus que parfait jamais.

L’infinitif est le plus vaste : quoi de plus grand que galoper ? rêver ? vivre ? éternelle invitation, voyage à l’infini, questions sans réponse. Et tout ce qui est sans limite, comme les trois petits points de suspension qui se glissent si souvent dans les messages, me fait peur.

Pour moi écrire,

Les Indes Galantes – Chapitre 2 : Premiers pas sur la lune…

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Je le repère tout de suite dans la foule massée derrière les barrières de l’aéroport. Son grand corps déployé maintient son béret de l’armée indienne au-dessus des têtes brunes. Pas de doute, il est là. Pour moi. Caché derrière sa caméra, je le vois avant lui. Il ne s’attendait pas à une sortie si rapide. Signe du destin, mon minuscule sac à dos était le premier à tourner sur le tapis roulant. L’Inde est à mon diapason. Elle s’impatiente. Hadrien a le réflexe d’appuyer sur le bouton. J’ai l’impression de marcher sur la lune.

Nous nous étions rencontrés à Paris, lui étudiant en pas grand chose et moi revenue de tout le reste. Il voulait partir, sillonner le monde, se glisser dans un cargo et découvrir de nouveaux continents depuis des quais brumeux. Je l’écoutais en me demandant comment j’allais survivre à son départ. La sensibilité d’Hadrien me touchait,

24h dans la vie de Nina Simone… and I’m feeling good!!

Le soleil brille sur le jardin et donne à notre nouvelle « pelouse » un petit air de crâne rasé en résilience : de petits paillassons d’herbe apparaissent ici et là, à peine une ombre verte sur la terre grise, promesse d’un renouveau imminent. La couleur, toujours, nous précède.

Hier nous avons porté quelques chaises, quelques livres, quelques disques dans notre nouvelle cabane en bois fraichement construite. Dans l’odeur douce du bois nous avons écouté la voix chargée de vie, de colère, de beauté de Nina Simone. Cette femme-homme, cette noire-blanche, cette petite fille enfermée dans une grande dame qui, toute sa vie, a attendu un miracle extérieur, sans voir qu’elle portait elle-même ses ors vers son cercueil, concert après concert, verre après verre, coups de gueule et chagrins d’enfant entremêlés dans ce corps d’ébène. « Ma sœur ? La Callas bien sûr, pourquoi me parlez-vous de Billie Holiday,