Le miracle, à l’infini.

Le poète suscite l’écriture qui ensuite le soutient et le guide dans son parcours aveugle. Ils cheminent ensemble au cœur de la forêt des mots, non pas en quête de fusion mais vers la création.
Attelée à l’écriture, c’est aussi vers elle que je vais de mon pas tantôt léger comme une plume, tantôt lourd d’incertitudes.

Ce matin dans la forêt, une pluie d’or a baigné mon visage. J’ai arpenté les chemins tapissés de feuilles, humé les effluves de champignons et de bois coupé qui saturaient l’air, traversé une féerie de couleurs déposée cette nuit par la main experte d’un automne au sommet de son art.
Les yeux levés vers le ciel, il me semblait marcher sous une voute de tableaux de Séraphine Louis. Elle me guidait dans sa galerie, lumineuse, inspirée, frémissante. Nul autre qu’elle n’aurait pu à ce point me faire ressentir le luxe de ce royaume.

Chers amis lecteurs,

Chers amis lecteurs,
Une année se termine bientôt, a-t’elle seulement commencé ? 
Parfois j’en doute.
Mais le tic-tac de l’horloge continue sa course à petits pas obstinés
Et remplace déjà le vert tendre d’un printemps kidnappé, par des ors et des pourpres.
Stupéfaite, je suis à nouveau derrière ma fenêtre à vous imaginer derrière la vôtre.

Heureusement, nous nous sommes rencontrés et c’est déjà beaucoup.
C’est un lien qui existe au-delà des parois de verre et des masques C’est une réalité que je chéris et qui me donne le sourire, au cœur de mon ermitage.
« J’ai regardé les bougies brûler
En pensant à chacun de vous, mes vivants
Mes navires qui voyagent et portent désormais au creux des yeux
Ce petit bout de terre, cette petite flamme dont je vous ai conté l’histoire »
Extrait de « Que ma voix demeure »,