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Le voleur d’hiver

Étrange hiver que cet hiver sans hiver
Peut-être aurons-nous un printemps sans printemps ?
Comme si la nature nous montrait, pauvres aveugles,
Qu’il fallait commencer à se passer de l’essentiel
Puisqu’on a déjà tout piétiné.

La jonquille gisait au sol, écrasée de bêtise
Sa tige encore solidaire par quelques fibres à sa racine
Portait un bouton fermé comme un poing d’enfant
Obstiné, accusateur, impuissant.

« C’est le voleur Maman, celui qui est venu pendant la nuit
C’est là qu’il a sauté, il n’a pas vu la fleur qui poussait
Protégée par le mur, elle se croyait en sécurité
Elle aussi ».

Le voleur a piétiné, le voleur a percé, le voleur est entré
Messager du mauvais il me rappelle la face de l’envers
« Que m’a-t-on encore volé, se demande la muse
À moi dont l’enfance, l’insouciance, l’innocence
Ont été dérobées sitôt le premier cri ? ».

Il a pris l’essentiel, tout le superficiel
Ce qui se vend et se répand
Rien d’important
Mes papiers, mes manuscrits, mon argent
Et me laisse, pauvre diable assoiffé
Ma joie, mon amour, ma liberté.

À l’heure du rendez-vous, sa peur m’a prévenue
J’ai entendu marcher au dessus de ma tête
À pas de loup, seule dans le noir, je l’ai surpris
« Voleur d’hiver, retourne en ta tanière
Et prends soin, mes affaires sous le bras
D’épargner mes printemps en sortant ».

1 Réponse
  • Hovhannes
    janvier 11, 2020

    MERCI…

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