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Et si on osait vraiment fêter le Gras et la Cendre ?

Cette année notre calendrier grégorien est facétieux : après avoir discrètement placé le jour de la Saint-Valentin le mercredi des Cendres, il nous accroche un poisson d’avril dans le dos le dimanche de Pâques.

J’aime ces petits clins d’œil de la vie qui nous rappellent à quel point tout doit être léger et mobile sous peine de perte de sens.

Or donc, notre fête des Amoureux a pointé son nez le mercredi d’entrée en pénitence où, depuis l’origine des temps, les hommes enduisaient leurs corps de cendres et selon les péchés avoués publiquement se trouvaient isolés de la communauté durant les 40 jours du Carême.

La veille c’était Mardi Gras, ce mardi où tout est permis, où, sous un masque, tous les débordements, rêves, passions, tensions, s’expriment en toute liberté dans la réalité. Venise en fut la grande capitale, le Carnaval y trouvait son apothéose dans les ruelles sombres comme dans les palais princiers.
Un Mardi Gras comme une sorte d’élan à prendre pour traverser le désert du Carême ? Ou au contraire le Carême pour se reposer des excès du Carnaval ? À chacun sa formule. Je sais désormais à quel point la gamme des excès, dans la débauche ou dans l’austérité, est propre à l’individu et n’a pas de jauge universelle. Je sais surtout tout ce que notre civilisation a déjà perdu en ne fêtant plus réellement ni le Gras ni la Cendre…

Parce qu’il faut bien vivre avec son temps, je me suis dit que cette étrange coïncidence avait sans doute sa propre signification : si la fête des Amoureux nait cette année sous la cendre c’est peut-être tout simplement qu’elle nous indique un nouveau chemin. Il faut peut-être s’intéresser à l’amour situé en dessous de la surface, l’amour qui couve, la réconciliation du féminin et du masculin mais à l’intérieur de chacun d’entre nous. Alors j’ai demandé à mon esprit, ma part vagabonde, solaire, obsessionnelle, tumultueuse d’honorer mon corps, cette part féminine, stable, patiente, accueillante, ancrée. Je lui ai dit « Toi qui as le pouvoir de me guérir pour peu que tu séjournes suffisamment longtemps et consciemment en moi. Toi qui profites de moi à ta guise, qui ne sais souvent pas seulement que j’existe, je voudrais en cette période particulière de repli sur Soi, que nous puissions nous aimer vraiment et que nous ne fassions qu’un. »

Et tout à coup avec mes nouvelles oreilles, plus affutées,  j’ai entendu une petite voix qui me chuchotait « Je suis là, ne t’inquiète pas, je m’excuse d’être si souvent ailleurs, je te trouve belle et désirable, bonjour foie, bonjour cœur, merci pour tout ce que vous faîtes pour moi sans jamais rien demander, je vous aime, tous, le moindre petit vaisseau a sa place dans cette magnifique armada qui me permet de voguer depuis si longtemps déjà, je suis là, avec vous, je me promène et vous admire. »

Et là j’ai su avec certitude que cette année, les 40 jours de Carême allaient être une fête, une réconciliation absolue de mon entièreté. C’est quand on produit de grandes choses qu’il faut se mettre à l’écart.

Il nous reste encore 10 jours pour en profiter, avant l’explosion de la joie pascale : Pâques cette année sera le 1er avril, nous entrerons dans la renaissance avec légèreté et spiritualité, un poisson multicolore accroché dans le dos et le sourire aux lèvres. Que rêver de mieux ?

Avec toute ma douceur,

1 Réponse
  • Avatar
    Evelyne
    mars 17, 2018

    J’ai entendu une drôle de conversation récemment. Autour de l’idée que chacun de nos organes, dans notre corps, dispose de sa propre conscience. Puis un peu plus tard, un autre filet de voix me soufflait que même les planètes ont leur part de conscience et d’impact dans le monde. Alors tous reliés ? Surtout moi et moi, si possible et pour commencer…

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