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Le chant d’aujourd’hui – Au clair de la lune, mon ami piano… (Rhapsodie 5)

Je m’assois au piano, les enfants sont couchés dans la pénombre, sous les toits. Je sais qu’ils écoutent, qu’ils aiment, qu’ils attendent. Je joue autant pour eux que pour moi.
Je commence par la petite musique préférée de ma fille ainée : « Maman, tu joues la musique chinoise ? », elle me la demande tout le temps. Une danse populaire de Bela Bartok, rien de très asiatique mais peu importe, c’est notre secret. La musique va emplir leurs rêves de cristal et de légèreté et installer ma journée tourbillonnante et efficace dans un hamac suspendu entre deux rives. Le pouce à la bouche, le nounours serré, le couteau sous le lit, chacun a préparé sa nuit. Je les aide à y entrer en douceur.

Je tourne les pages de ma bible musicale, comme on se promène dans une vieille maison : j’en connais toutes les pièces sans jamais me lasser.

Le chant d’aujourd’hui – Un certain mois de juin, à Paris (Rhapsodie 4)

La chaleur annoncée est là : les abeilles créent un tourbillon incessant devant leurs ruches, les fleurs sont écarlates, le potager joyeux et inquiet. On le sait, depuis quelques années maintenant, des pluies tropicales s’abattent sur nos têtes et remplissent nos cuves et nos arrosoirs en quelques minutes violentes. Douceur et humidité se conjuguent, rendant belle notre herbe et fous mes cheveux sensibles.
La moiteur qui me vrillait les tempes depuis ce matin vient de se déchirer; la nuit d’un coup est tombée et l’orage que j’entendais au loin frappe tambour maintenant au dessus de ma tête. Des trombes de pluie s’abattent sur la haie de seringua aux fleurs délicates, les grands arbres de la forêt semblent pris de folie : transformés en marionnettes, ils balayent le ciel noir zébré d’éclairs sous les assauts du vent.
Nous sommes rentrées à temps avec Perle, à temps pour être simples spectatrices de ce déluge projeté devant nos fenêtres par seaux entiers dans la main d’un géant.

Notre Europe est vivante, ne la tuons pas!

Hier je suis allée à Vézelay.
La basilique Sainte-Marie-Madeleine nous attendait, en majesté, tout en haut de sa colline, visible des kilomètres à la ronde.
C’est d’ici que la troisième Croisade était partie en 1189, bénie par le Pape et constituée de jeunes chevaliers anglais et français désireux d’éprouver leurs armes toutes neuves. Ils devaient retrouver les armées germaniques de Barberousse et passer la Méditerranée aidés par les troupes du roi de Sicile. Ce fut la dernière croisade levée par les peuples d’Europe pour permettre aux Pèlerins du monde entier d’aller se recueillir sur la tombe du Christ. Tout le reste ne fut plus qu’intrigue politique et soif de pouvoir.
C’est aussi ici que sont arrivées en 1946 les quatorze croix transportées à pied par des représentants des pays d’Europe exsangues. L’Allemagne avait été exclue de cette marche qui fut appelée « La Croisade de la Paix ».

Je, tu, il…

Un lecteur m’a fait récemment remarquer que je m’adressais à vous et qu’il eut préféré que ce fût à toi. Difficile choix quand finalement cette toile mondiale ne nous révèle que rarement qui nous lit : les partisans du vous ? Du tu ? Du il, du elle, du on ?

Je, tu, il, nous, vous, ils : mes pas de débutante au siècle dernier m’avaient appris cette chansonnette bien avant de découvrir que je venais d’un peuple latin qui s’en passait aisément. Le « elle » et le « on » étaient alors accessoires, le politiquement correct n’avait pas encore été inventé.

J’avoue aimer le vous, comme j’aime la javanaise, sans nostalgie. Le vous n’est pas un éloignement entre nous, bien au contraire, il me facilite l’intime et le murmure.

Je me souviens être allée un jour dîner chez les parents d’un ami,