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Le voleur d’hiver

Étrange hiver que cet hiver sans hiver
Peut-être aurons-nous un printemps sans printemps ?
Comme si la nature nous montrait, pauvres aveugles,
Qu’il fallait commencer à se passer de l’essentiel
Puisqu’on a déjà tout piétiné.

La jonquille gisait au sol, écrasée de bêtise
Sa tige encore solidaire par quelques fibres à sa racine
Portait un bouton fermé comme un poing d’enfant
Obstiné, accusateur, impuissant.

« C’est le voleur Maman, celui qui est venu pendant la nuit
C’est là qu’il a sauté, il n’a pas vu la fleur qui poussait
Protégée par le mur, elle se croyait en sécurité
Elle aussi ».

Le voleur a piétiné, le voleur a percé, le voleur est entré
Messager du mauvais il me rappelle la face de l’envers
« Que m’a-t-on encore volé, se demande la muse
À moi dont l’enfance,

Femmes, réveillez-vous, le monde a plus que jamais besoin de vous!

Dans nos mémoires, certaines dates sont marquées au fer rouge. Inutile de préciser l’année. Le 6 juin? Ce fut le débarquement des alliés. Et la libération de l’Europe put enfin commencer. Elle n’est toujours pas terminée. Nous portons en chacun de nous les stigmates de cette folie de conquête à tout prix.
En ce jour de trompettes dressées, nous fêtons les 100 ans de l’armistice du premier conflit mondial qui portait en son sein les germes du suivant. Comment se réjouir de paix qui entrainent la guerre ? Parce que ce siècle d’hommes et de feu a tant produit de femmes seules qu’elles ont fini par se réveiller.

Derrière tous ces militaires, devant toutes ces tombes, face à ce terrible gâchis, elle ont milité : oui à… non à… elles ont levé le poing, porté des pantalons, glissé des bulletins dans des urnes, fait des chèques tout en continuant à élever des enfants et faire des lessives.

Christiane Singer aimait à dire : Tu as le choix entre la vie et la mort. Choisis la vie et tu vivras !

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de Christiane Singer, qui au-delà d’être une grande écrivaine, fut une femme d’une grande Présence.

Christiane Singer est une âme qui nous veut du bien.
De sa voix aimante et persuasive, elle nous apporte inlassablement au creux de l’oreille, au coin de l’œil, ce à côté de quoi il serait terrible de passer: le sacré de la vie.
Quand Christiane emploie le mot Présence, on sait qu’elle est là, absolument là. C’est une femme qui bien qu’ayant déjà rejoint l’autre monde, nous émerveille chaque jour, que ce soit à travers ses interviews ou ses livres.

Elle nait durant la seconde guerre mondiale à Marseille. Mes parents y couraient alors en socquettes et culottes courtes et je n’y serai programmée à mon tour que vingt ans plus tard. Elève au lycée Montgrand, elle s’assoit sur le siège encore chaud que ma mère,

Petit commerce équitable entre amis…

J’attends devant la gare, j’ai rendez-vous, fixé au départ à 13h, modifié à 13h50 par sms successifs. Trois jeunes hommes, un au volant, les deux autres comme moi attendent devant la gare. Légère hésitation. Je monte à l’avant.
Salut, moi c’est Martin. Et moi William. Le chauffeur s’appelle Ludovic. Je m’appelle Isabelle.
Tu fais quoi dans la vie ? T’as quel âge ?
Les garçons s’interrogent, s’écoutent puis vient un silence. Le silence c’est mon tour, que demande-t-on à une femme comme moi pour entamer la conversation ? Je ris et je leur dis « J’ai 54 ans et je suis écrivaine ». Soulagement. Ah cool, et vous écrivez quoi ? Le vous ne m’a pas échappé.
Au fur et à mesure que je raconte mes livres, je vois Martin taper sur son téléphone, il a trouvé mon site, mon blog, mon Facebook, mon truc et mon machin.

Retirence

Il existe une loi dans le monde. C’est une loi de dépouillement. Certains diront d’allègement, d’autres de renoncement, mais la réalité est bien plus simple, elle parle de dépouillement comme un avant-goût du mot dépouille que nous laisserons in extremis sur la terre, juste après notre dernier souffle.

Moi qui aime tant les mots, j’avais envie de vous proposer retirenceun peu comme un contre-chant de l’enfance. La retirence comme le reflux nécessaire à la vague pour renaitre d’elle-même, comme l’autre partie du tout, le mouvement contraire et donc bienvenu.

Confucius, ce vieux sage qui nous vient d’une Chine déjà bien éveillée, avait 500 ans quand Jésus naquit et déjà il savait que la vie de l’homme était scindée en trois phases :

  • la construction : jusqu’à 25 ans
  • la maturité : de 25 à 50 ans
  • le dépouillement : au-delà de 50 ans

Il est étonnant qu’alors que tout nous porte à croire au temps cyclique (les jours,

Message in a bottle… Youpi, des nouvelles de mon manuscrit!

Quand on pose une question, on attend une réponse. Je suis frappée comme de nos jours cette croyance est mise à mal : mes enfants, confrontés à la recherche de travail comme tous les jeunes aujourd’hui, passent des entretiens, parfois plusieurs, et la plupart du temps ne reçoivent aucune réponse à la fin. Ni oui, ni non. Juste rien. Même quand ils relancent :  » S’il vous plait, dîtes-moi, c’est important « . Non, rien.

Ces mêmes enfants, qui ne répondent jamais à nos messages, souffrent cruellement de ces silences et sont à la fois les acteurs et les victimes d’un système qui se sclérose. Nous sommes tous devenus des experts au jeu du ni oui ni non. A force de vivre soi-disant au présent, d’être connectés nuit et jour, de tout pouvoir faire, nous avons de plus en plus de difficultés à décider et à dire oui ou non,