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Le chant d’aujourd’hui – « La Présence Pure » (Rhapsodie 1)

Elle était à Marseille, la ville de son enfance et se laissait envahir par la beauté éternelle du vieux port. Elle avait marché toute la journée guidée par son instinct, une odeur, une couleur. Elle avait grimpé jusqu’à la Bonne Mère et avait dévalé les marches de Saint-Charles. Assise sur un banc, elle goûtait enfin un repos mérité au cœur de la vieille ville, la main plongeant dans le cornet sucré des navettes de Saint-Victor encore chaudes. Les reflets changeants du soleil couchant teintaient de rouge les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas et zébraient la mer de souvenirs enfouis.  Elle eut soudain envie d’aller serrer dans ses bras Lisa.

Elle sonna, sonna et sonna encore. Personne ne répondait. Le besoin était si fort en elle, qu’elle décida de rompre un silence de dix ans et d’appeler Valérie.
– Allo, c’est moi, Hélène. Je suis en bas de la maison de ta mère mais personne ne répond.

Le ravissement d’une journée de neige

La neige est arrivée. Quel bonheur de se promener dans la forêt cotonneuse. Je serais bien restée à arpenter tous ses chemins à l’infini, heureuse de découvrir ces paysages familiers revisités par la main experte d’un peintre à la palette monochrome. Ces rares journées où je me retrouve bloquée par la neige me ravissent, dans tous les sens du terme. Elles m’apportent à la fois une joie enfantine et me donnent l’impression de voler quelque chose à la routine des jours.

Quand j’utilise le mot « ravir », je pense toujours à l’extraordinaire livre de Marguerite Duras « Le ravissement de Lol. V. Stein ». Elle a été ravie elle aussi, Lola. Mais elle n’est jamais réapparue. Emerveillée d’assister au coup de foudre de son fiancé pour la belle femme qui vient d’entrer au bal.  Marquée à jamais par cet instant où, comme l’oeil plaqué au creux d’une serrure,

La chasse est ouverte : vive les sorcières!!

En ce mois de spectres et de citrouilles, une amie m’a invité à assister à un spectacle de la Compagnie « Sale Gamine » intitulé « La chasse est ouverte ». Comprenez la chasse aux sorcières. Et même la chasse à une sorcière, celle qui est devant nous, nous transformés en tribunal populaire pour l’occasion.
Une jeune femme, seule en scène, a fait résonner les murs de la maison de son talent. La fête fut belle et joyeuse autour de cette grande actrice qui incarnait à elle seule 5 personnages. Elle a transmis son énergie, sa fougue, ses questions à notre assemblée de quinquas : le sexe ça vous fait quoi ? Rien. Et vous ? Je ne me souviens plus. Et Lisa reprenait sur son accordéon son petit refrain : Fais moi mal Johnny-Johnny-Johnny, bienveillante, amusée. Et pour donner un nouvel élan, elle a ouvert grand la porte et a crié « J’aime le sexe. 

Femmes, réveillez-vous, le monde a plus que jamais besoin de vous!

Dans nos mémoires, certaines dates sont marquées au fer rouge. Inutile de préciser l’année. Le 6 juin? Ce fut le débarquement des alliés. Et la libération de l’Europe put enfin commencer. Elle n’est toujours pas terminée. Nous portons en chacun de nous les stigmates de cette folie de conquête à tout prix.
En ce jour de trompettes dressées, nous fêtons les 100 ans de l’armistice du premier conflit mondial qui portait en son sein les germes du suivant. Comment se réjouir de paix qui entrainent la guerre ? Parce que ce siècle d’hommes et de feu a tant produit de femmes seules qu’elles ont fini par se réveiller.

Derrière tous ces militaires, devant toutes ces tombes, face à ce terrible gâchis, elle ont milité : oui à… non à… elles ont levé le poing, porté des pantalons, glissé des bulletins dans des urnes, fait des chèques tout en continuant à élever des enfants et faire des lessives.

24h dans la vie de Nina Simone… and I’m feeling good!!

Le soleil brille sur le jardin et donne à notre nouvelle « pelouse » un petit air de crâne rasé en résilience : de petits paillassons d’herbe apparaissent ici et là, à peine une ombre verte sur la terre grise, promesse d’un renouveau imminent. La couleur, toujours, nous précède.

Hier nous avons porté quelques chaises, quelques livres, quelques disques dans notre nouvelle cabane en bois fraichement construite. Dans l’odeur douce du bois nous avons écouté la voix chargée de vie, de colère, de beauté de Nina Simone. Cette femme-homme, cette noire-blanche, cette petite fille enfermée dans une grande dame qui, toute sa vie, a attendu un miracle extérieur, sans voir qu’elle portait elle-même ses ors vers son cercueil, concert après concert, verre après verre, coups de gueule et chagrins d’enfant entremêlés dans ce corps d’ébène. « Ma sœur ? La Callas bien sûr, pourquoi me parlez-vous de Billie Holiday,

Les Indes Galantes… Chapitre 1- Vol au dessus des nuages.

Mon amour,

19 mars, 12h30
Le voyage que j’entreprends aujourd’hui a commencé à entrer dans la réalité le 14 février dernier, le soir où tu as décidé de souffler sur les braises qui couvaient sous la cendre. De mes larmes de joie j’ai accueilli une fois de plus ce cadeau inestimable que tu me fais depuis plus de 7 ans : le cadeau de ma liberté.
Notre union est une terre d’aventure que j’arpente avec bonheur en tous sens, découvrant un peu plus chaque jour la plasticité de ses limites. Limites que j’apprends à repousser quand tout au contraire tu t’en fais un manteau confortable et douillet sous lequel ta sensibilité de celte peut enfin s’exprimer.
Je pars emplie de cette légèreté qui me fit si souvent défaut dans mon parcours de vie. Chaque petite épine, chaque petit caillou je les ai déposés sous ton regard bienveillant au bord du chemin qui mène à la simple joie d’être,