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Le chant d’aujourd’hui – Un certain mois de juin, à Paris (Rhapsodie 4)

La chaleur annoncée est là : les abeilles créent un tourbillon incessant devant leurs ruches, les fleurs sont écarlates, le potager joyeux et inquiet. On le sait, depuis quelques années maintenant, des pluies tropicales s’abattent sur nos têtes et remplissent nos cuves et nos arrosoirs en quelques minutes violentes. Douceur et humidité se conjuguent, rendant belle notre herbe et fous mes cheveux sensibles.
La moiteur qui me vrillait les tempes depuis ce matin vient de se déchirer; la nuit d’un coup est tombée et l’orage que j’entendais au loin frappe tambour maintenant au dessus de ma tête. Des trombes de pluie s’abattent sur la haie de seringua aux fleurs délicates, les grands arbres de la forêt semblent pris de folie : transformés en marionnettes, ils balayent le ciel noir zébré d’éclairs sous les assauts du vent.
Nous sommes rentrées à temps avec Perle, à temps pour être simples spectatrices de ce déluge projeté devant nos fenêtres par seaux entiers dans la main d’un géant.

La lune rouge nous montre le chemin, à nous d’y danser avec joie.

Cette nuit, le regard tourné vers le ciel de mes montagnes, j’ai vu la lune disparaître.
Une main gantée de noir l’a frôlée et l’a peu à peu dérobée à nos yeux.
Notre grosse dame, pleine de joie et de lumière, s’est éclipsée pour se draper de rouge de la tête aux pieds. Elle voulait mettre sa plus belle robe pour ces si rares soirées où Mars flamboyant lui donne rendez-vous.
Le bal aura duré une centaine de minutes, le plus long du XXIème siècle d’après nos savants. Étranges lois que celles de la gravitation et de l’inertie, qui permettent à quelques érudits de calculer qu’à une date où plus aucun de nos descendants ne se souviendra de plus aucun d’entre nous, le spectacle reprendra.

J’imagine les millions d’hommes répartis sur notre terre, montés sur des collines, des toits et des balcons,

L’entrelacs souterrain est ce qui nous amène un jour à fleurir.

L’automne est la saison des flambées : un arbre fauve remplace un matin celui qui, la veille encore, se fondait dans le tapis vert de la forêt voisine. On a presque du mal à croire qu’il soit le même, mais c’est bien lui, dans une autre tonalité. Il fait ainsi entendre sa voix : premier à rougir ou à dorer, on ne voit que lui et il est beau de cette singularité. En quelques jours, la nature poète va faire éclater sa palette aux milles couleurs et pour peu que la lumière s’en mêle et qu’on y soit attentifs, il ne nous reste plus qu’à nous asseoir et profiter du feu d’artifice qu’elle nous offre si généreusement chaque année.

C’est une période qui s’annonce par le grand équilibre entre le jour et la nuit, le chaud et le froid, le dehors et le dedans. C’est l’autre moment,